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« SOYONS CLASSES » UNE FICTION RÉALISTE

Une fiction réaliste.

Il est acquis que dans des pays différents les productivités ne sont pas les mêmes et y compris dans une même entité économique cohabitent des compétences de niveaux différents et bien sûr à l’intérieur de chaque structure de production. Les productivités partielles finissent par se muer de manière bien réelle en marchandises et services mais dans une telle complexité que la subjectivité peut prendre l’allant sur le réel pour l’évaluation de la contribution de chacun, à la faveur de codes de rapports sociaux et de rapports de forces.

Une expérience de pensée peut aider à décrypter cette complexité.

Imaginons une organisation de la production où le travail est assuré non par des salariés de l’entreprise mais par des prestataires de travail qui facturent leurs services un peu à la manière de sociétés de travail intérimaire.

Ces prestataires sont spécialisés par tranche de productivité, donc à la mise en place de ce système, les tranches de productivité correspondent aux tranches de rémunérations brutes. Parce que le revenu est jusqu’à ce point, l’image de la productivité individuelle c’est à dire l’image de la contribution de chacun à la productivité moyenne.

Ainsi dans une unité de production y compris l’encadrement devient l’objet d’une sous traitance.

De l’entreprise initiale il ne subsiste qu’un chapeau comptable et observationnel mais tous les intervenants sont engagés par les prestataires, par tranches de productivité.

Les niveaux de productivité retenus pour l’éclatement sont assimilés aux rémunérations brutes totales dont on admettra pour le moment qu’elles sont uniformément proportionnelles à la productivité des bénéficiaires. Il est donc admis, par exemple, que la productivité d’un cadre commercial est cinq fois supérieure à celle d’un travailleur posté si leurs rémunérations, cotisations comprises, sont dans le même rapport.

Le « chapeau » va procéder par appels d’offres pour pourvoir les postes de travail, auprès de sociétés prestataires spécialisées par classe de productivité. Dans un premier mouvement, les choses sont simples, il s’agira d’un transfert des contrats de travail aux sociétés prestataires avec les mêmes revenus et cotisations. Les prestataires adressant au « chapeau » des factures d’un montant équivalent.

Si maintenant dans un grand élan de libéralisme, la puissance publique décide de supprimer les redistributions directes versées aux salariés et indépendants actifs, notamment les allocations pour le logement, les aides aux HLM, la carte orange, la prime pour l’emploi, les bourses scolaires et les allocations familiales… cela peut suffire, par ce premier train de mesures, à rendre impossible l’exercice d’un emploi, le revenu devenant insuffisant pour assurer toutes les charges. Y compris celle pour se rendre au travail.

Nous appellerons redistribution première les versements directs aux familles de travailleurs de basse productivité supposée.

Les salariés de la classe la plus basse s’adressent bien sûr à leur employeur, le prestataire de basses productivités, pour expliquer qu’une fois payé le loyer nouveau (sans contribution publique aux HLM et à l’allocation logement), ils ne peuvent plus payer le transport en commun (sans carte orange) ou mettre du carburant dans leur véhicule pour aller au travail. Une impasse parce que le prestataire a un contrat, au prix de basse productivité, avec le « chapeau », le prestataire en cédant à la demande de ses salariés se placerait en situation de faillite. Puisque la réalité est telle que le revenu ne permet pas d’assurer la charge d’un travail de basse productivité sans réduire son statut social jusqu’à l’impossibilité d’assurer le travail, l’employeur suggère que les salariés maintenant appauvris, se fassent embaucher par un prestataire de classe de productivité immédiatement supérieure. Dans cette hypothèse, le prestataire de la plus basse classe de productivité déclare forfait et la tranche de productivité la plus basse disparaît. La loi du marché.

Parallèlement à la suppression des aides directes, la puissance publique a réduit les contributions par l’impôt de la classe à productivité élevée, le « chapeau » mettra à profit cette opportunité pour renégocier avec le prestataire de classe de productivité la plus élevée, une baisse du prix de sa prestation, c’est à dire la suppression de la classe supérieure, afin d’honorer le passage de la plus basse classe à la suivante afin de compenser la redistribution première. Ce faisant, les titulaires du label de la plus haute productivité ne perdent pas de pouvoir d’achat mais seulement la prétention à subvenir à l’indigence des basses classes de productivité.

Si les classes de productivité se reconnaissent dans les revenus par décile, il y aura bien sûr une gradation du phénomène. Par ce premier mouvement, il est clair que la classe de basse productivité n’était pas honorée par son salaire à hauteur de l’exigence des moyens nécessaires à l’exercice de la profession, à la valeur de sa force de travail donc, une première redistribution (redistribution première) s’avérait nécessaire et était pratiquée comme reconnaissance du fait.

On conviendra qu’une entreprise ou une branche qui comporte une forte proportion de salaires compensés par la redistribution première ne trouve pas en son sein la ressource pour compenser la suppression de la redistribution première. Cette dernière correspond alors à une subvention supprimée qu’il faut remplacer par une augmentation des prix. Inversement, s’il y a peu de salaires compensés, les prix sont probablement excessifs, des prix de monopole en général.

Et l’élan libéral peut aller plus loin encore, notamment si les services habituellement publics et gratuits deviennent payants et si toute subvention est proscrite. Les revenus versés à chaque classe de productivité doivent alors lui permettre de subvenir à ses besoins généraux et de surcroît, au paiement de nombreuses assurances supplémentaires, des écoles, des péages routiers généralisés et d’un impôt égalitaire permettant d’assurer les quelques services non individualisables. Impôt égalitaire parce que le service l’est. Se dessine alors un nouveau resserrement des classes de salaires dans le cadre de notre fiction et la révélation d’une bien réelle redistribution complémentaire par l’impôt et la cotisation non égalitaires. Redistribution complémentaire parce que le péage de la route pour se rendre au travail ou pour rejoindre le bord de mer, coûte autant quelque soit la classe de productivité, supposée, des travailleurs actifs. Tout comme soigner une maladie pour permettre le retour au travail.

Nous appellerons redistribution seconde, cette redistribution qui permet aux réputées basses classes de productivité d’accéder égalitairement aux services collectifs, comme si elles avaient la ressource par le revenu de leur propre travail, pour payer directement sur facturation où par l’impôt égalitaire.

Mais la question reste posée, la nécessaire solidarité a t-elle été ainsi confiée dans notre fiction directement à l’entreprise plutôt qu’à la collectivité redistributrice, ou les niveaux de productivité ont-ils été réévalués et reconnus ?

 

Nous avons cependant déjà un acquis important, la rémunération brute directe à laquelle s’ajoutent les redistributions quelles qu’elles soient est une reconnaissance d’une valeur minimale de la force de travail. La société reconnaît le niveau de consommation nécessaire à l’exercice d’une fonction, sans frustration excessive. Ce niveau est supérieur à l’appréciation initiale faite par le seul employeur qui a estimé lui, qu’il payait le juste prix au regard du produit obtenu.

La question posée devient alors « peut-on produire moins qu’on ne consomme au total pour produire ?».

Cette fiction permet d’appréhender la valeur réelle de la force de travail et par là d’établir une correspondance avec la productivité de chaque classe de productivité supposée.

Les comptes du prestataire de productivité réputée de basse classe peuvent être vus d’une autre manière, le niveau des salaires et des redistributions effectives étant connu, le prestataire ne verse plus de salaires à ses intervenants mais leur fournit, très raisonnablement, tout ce dont ils ont besoin pour être convenablement en état de produire. Le prestataire se fournit sur le marché, aux prix du marché, évalués donc par les « chapeaux » dans leur office de vendeurs. Il s’agit pour lui de consommations intermédiaires auxquelles il rajoute une valeur ajoutée insignifiante au titre de la mise en relation de l’intervenant et du « chapeau ».

Le prestataire ne facture donc au « chapeau » que les achats effectués auprès de quelque autre « chapeau » aux prix proposés sur le marché. L’intervenant, auparavant salarié, n’ajoute plus de valeur dans le processus de production auquel il est intégré, seules les consommations intermédiaires qui le font fonctionner sont comptabilisées comme ingrédients aux produits nouveaux, des fournitures. L’intervenant est alors esclave, cheval ou machine à vapeur ! Mais mieux loti que dans sa condition de salarié avant les redistributions, il connaît la valeur du carburant nécessaire à son fonctionnement.

 

La facturation du prestataire sera donc prise en compte comme consommation intermédiaire par le « chapeau » a minima, sans valeur ajoutée. On ne peut pas faire mieux sauf à trouver des machines qui consomment moins.

L’utilisation d’animaux en agriculture pour les labours, proche de l’esclavage, est éloquente, si le cheval consomme plus de fourrage qu’il ne contribue à produire, on abandonne le mode de production !

En rendant au travailleur sa dignité, c’est-à-dire, une créativité issue de sa force de travail, et pas seulement le transfert de ses consommations comme coûts, sa productivité sera au moins égale à sa force de travail totalisant revenus bruts et redistributions.

Ou alors faudrait-il admettre que l’esclavage ou la traction animale porte des valeurs supérieures à celles du salariat, un cheval malingre n’étant pas le bon cheval !

 

Nous venons de montrer que si le choix est fait de confier un travail à un individu avec la conscience de la totalité des frais engagés pour qu’il puisse produire, sa productivité est au moins égale au niveau où globalement, c’est-à-dire avec la redistribution première et la redistribution seconde, sa force de travail est rémunérée, et possiblement au-delà. Au-delà parce que la coïncidence serait surprenante.

L’acceptation de la consommation intermédiaire comme coût, faisant foi.

L’employeur, peut contester avoir conscience du coût réel de la force de travail dans la mesure ou d’autres contributeurs interviennent et faire valoir que s’il devait en supporter le coût total, il pourrait faire appel à plus de machines automatisées pour un moindre coût, voire abandonner le mode de production. Nous verrons cependant que l’argument est vite rattrapé par le progrès lui-même. C’est le produit du travail qui se négocie sur les marchés. C’est à dire que dès le moment où une innovation dans les procédés de fabrication s’est mise en place et surtout, s’est généralisée, nous sommes dans un état nouveau qui conduit seulement à un volume de production plus important sans modification des rapports entre classes de productivité. La modernisation n’apporte d’avantage innovationnel que très provisoirement. Dans notre modèle de supra concurrence, l’avantage est d’ailleurs instantanément dissous.

Une part croissante de l’activité économique est réalisée dans le secteur tertiaire, celui des services où par définition les gains de productivité possibles sont faibles, il faut alors faire d’emblée, avec la valeur réelle de la force de travail, sans avantage innovationnel significatif.

Si l’employeur peut éventuellement dans l’étroitesse de ses comptes, se prévaloir d’une gestion de bonne foi, la puissance publique ne peut, elle, se soustraire à la vérité des prix.

Le fait d’emploi qualifie la productivité au niveau de la valeur réelle de la force de travail au moins, redistributions première et seconde comprises.

Rappelons que redistributions première et seconde concernent exclusivement des personnes relevant de la population active employée et non les redistributions ou transferts vers d’autres catégories non employées à la production, les retraités par exemple.

Avoir résolu la question de la productivité minimale de basse classe, ne préjuge cependant pas de la hiérarchisation des autres classes de productivité sauf par l’indispensable révision de leur niveau moyen. Et il n’est pas exclu que nous découvrions que les prestataires de catégories à productivité réputée élevée surfacturent leurs prestations au-delà des productivités réelles, détenteurs du capital compris. Et qu’elles sont les principales pourvoyeuses des redistributions première et seconde avec l’aura de la charité.

Les personnes concernées perçoivent donc un revenu à hauteur de leur productivité auquel s’ajoute une ponction opérée sur la productivité réelle de classes réputées elles, à basse productivité.

Il deviendrait absolument nécessaire d’honorer les productivités réputées de basse classe. Et on n’entrevoit pas d’autre possibilité que de rechercher une ou des classes dont les productivités seraient surévaluées et de corriger leurs facturations afin de compenser les précédentes, la productivité moyenne étant établie. Les titulaires du capital ne sont bien entendu pas les seuls concernés. Pour qu’un tel système perdure, la surévaluation des productivités doit irriguer plus qu’une minorité décisionnelle.

Dans la réalité, les productivités surévaluées sont corrigées, de manière non libérale, hors le lieu de travail, notamment par le couple cotisations-impôts et les productivités sous évaluées, elles aussi corrigées par les redistributions avons-nous dit.

L’énorme redistribution par la puissance publique tient pour une part importante à la non reconnaissance des niveaux réels de productivité.

Estimer que la productivité d’une classe de productivité puisse être inférieure au prix réel de sa force de travail ne relève plus du raisonnement économique.

Mais il s’agit de corrections a minima qui rétablissent les basses productivités au niveau des valeurs des forces de travail réelles contenues, a minima. Et possiblement ces corrections sont-elles insuffisantes.

 

Introduire cette réévaluation de la valeur des gens dans le débat économique et social modifierait l’état des lieux en redonnant confiance aux déclassés qui se regardent avec peine et sont regardés avec condescendance. Déclassement porteur de frustrations voire de haines. Le déploiement de solidarités, à ce niveau, est vexatoire et infondé.

Nous venons de le montrer, cette idée est le fondement de la crise relationnelle dans la société. La redistribution de solidarité en déni de reconnaissance de valeur est un phénomène de classe.

Cependant, autant nous avons pu déterminer le seuil minimal de productivité des réputées basses classes, les écarts suivants resteront difficiles à évaluer tant la loi du marché y est peu opérante en raison d’une gravitation hors du temps économique et de l’abus de positions dominantes.

 

La valeur ajoutée nette corrigée que nous avons définie couvre tous les revenus. Un poncif oppose les salariés de quasiment tous niveaux aux seuls détenteurs de capitaux quant au partage de la dite valeur ajoutée nette corrigée. Il y a bien sûr une place à faire dans ce partage pour les indépendants, artisans, agriculteurs et professions libérales dont les revenus peuvent aussi être affectés par la sous-estimation culturelle de leur productivité. Mais au-delà, nous allons revisiter le positionnement du revenu du capital afin d’unifier la hiérarchie globale du partage de la valeur ajoutée nette corrigée.

Ce texte est un extrait, quelques termes font appel à l’ensemble. JP Beux 2019.

Retour sur un moment fort du Café éco!

Pour celles et ceux qui n’ont pas pu être des nôtres le 16 mai 2016…

…et celles et ceux qui veulent revivre cette soirée avec Emmanuel Todd:

 

 

L’assurance maladie : changeons de logiciel

Article du Monde économie à lire …

http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/01/05/assurance-maladie-changeons-de-logiciel_4842067_3234.html

Carte territoriale : un AUTRE choix

La refonte de la carte des régions française doit être cohérente et équilibrée.
Pour obtenir l’adhésion des citoyens, des territoires, des cultures et des entreprises, elle doit absolument vérifier certains critères :

1- Identification
2- Appartenance
3- Acceptation d’une aire métropolitaine centrale
4- Equilibre territorial
5- Partage des atouts
6- Pas de perte de proximité

Pour cela, nous proposons la carte suivante avec 8 super régions, ou 8 provinces :

SuperRegions10001

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous faisons ressortir de cette carte 2 groupes de 4 provinces à 10 millions d’habitants et plus, et 4 provinces plus petites à 5 millions d’habitants.

Chaque Province a une capitale régionale incontestable, excepté l’ensemble Champagne, Lorraine, Alsace bien qu’on puisse envisager l’ensemble Nancy-Metz-Strasbourg comme une seule aire métropolitaine.

La carte répond aux critères 3 et 4 : l’équilibre territorial et l’acceptation d’une aire métropolitaine centrale.

                                       Population :         Superficie :              PIB :

ILE DE FRANCE :     16 M (24%)      43 Kkm² (8%)       579 G€ (34%)
ILE DE GAULLE :     10 M (15%)     113 Kkm² (21%)     250 G€ (15%)
ARMORIQUE :          10 M (15%)       95 Kkm² (18%)     223 G€ (13%)
MIDI :                         9.6 M (11%)       69 Kkm² (13%)      187 G€ (11%)

LORRAINE :               5.7 M (9%)         57 Kkm²(11%)      133 G€ (8%)
NORD :                         5.2 M (8%)         26 Kkm² (8%)       111 G€ (7%)
AQUITAINE :             4.9 M (7%)         74 Kkm²(13%)      107 G€ (6%)
GASCOGNE :              4.7 M (7%)          67 Kkm²(13%)     105 G€ (6%)

Pour améliorer encore l’équilibre, la Gascogne se voit augmentée de la région de Béziers, l’Aquitaine de Niort et Poitiers et la Lorraine de Soisson. Le Nord devient encore un peu plus petit, ce qui fera sa spécificité au cœur de l’Europe et du Bénélux.

De plus, pour les investissements de taille, les 4 petites régions sont voisines et des contrats de plan Europe-Etat-Région peuvent se faire sur des ensembles Nord-Est et Sud-Ouest.

L’Ile de France, région capitale du pays, qui a englouti une partie de la Picardie et la Haute Normandie a la caractéristique, par sa nature de région capitale, d’appartenir à tous les français, dont les Picards et les Normands. Les accords d’échelle territoriale de communication touristique et culturelle peuvent donc être transversaux sans arrière-pensée de concurrence territoriale avec l’Ile de France.

Le Midi se renforce avec une grande façade maritime, une forte densité urbaine de Sète à Menton, des ports importants, les même problématiques liées à l’héliotropisme de Montpellier à Nice.

La Gascogne recouvre toute la chaîne pyrénéenne, obtient deux façades maritimes et devient la porte ibérique de l’Europe.

L’Aquitaine développe le réseau de villes importantes autour de Bordeaux et renforce sa façade maritime de La Rochelle à Arcachon et la lie à ses terroirs. C’est une province carrefour entre le nord et le sud, en communication directe avec 3 grandes régions et dont la capitale devra renforcer ses liens avec Toulouse, Lyon et Nantes.

L’Armorique renforce sa vocation maritime avec la première façade française et les relations entre les Normands, Vendéens, Tourangeaux et Bretons dans un nord-ouest identifié.

Le Nord, petit et ouvert sur l’Europe du nord par la mer et la Belgique est le lien entre la capitale française et la capitale européenne. Il a tous les atouts pour renforcer sa vocation commerçante avec la Lorraine qui a la plus grande frontière terrestre française. Portes de la France, ces deux provinces doivent nouer des relations fortes avec les régions du Bénélux et les Landers allemands.

L’Ile des Gaulles, restes du grand Duché de Bourgogne, en communication directe avec 6 autres provinces française et 3 autres pays européens renforce ses atouts dont elle tire son activité depuis l’Antiquité.

La carte répond aux critères 1 et 5 : l’identification et le partage des atouts.

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LE CAPITAL, LE BEL OBJET.

LE CAPITAL, LE BEL OBJET.

 

 

Les sociétés humaines sont marquées par de fortes différences entre les individus qui les composent, notamment en termes de propriété de l’espace naturel et économique mais aussi par l’accès au produit des activités créatrices de biens et services.

Dans l’espace économique on ne connaît pas de pouvoir partagé durable, le pouvoir y est essentiellement associé à la propriété, on n’imagine d’ailleurs pas les non possédants dictant leurs desiderata, hormis par quelques contre-pouvoirs partiels ou d’éphémères insurrections. La déclaration universelle des droits de l’homme ne pouvant alors déboucher que sur quelques régulations.

L’adversité générale, la force des évènements naturels peuvent cependant parfois tempérer les ardeurs à dominer et faire place à la communauté d’intérêts.

La domination n’est cependant concevable que face à l’acceptation de la vassalité sous la contrainte, par impuissance, par reconnaissance de la supériorité ou par croyance en un ordre établi. Par le manichéisme de la domination ou de la soumission, la psychologie humaine aurait donc des fondements qui ruinent par avance toute tentative d’universaliser les droits de chaque individu à sa part de pouvoir

Les  sociétés humaines partagent cela avec le tronc commun animal, mais malgré leurs rivalités, elles ont pu imposer leur dictats à la faune entière malgré quelques résistances, les moustiques se nourrissant encore des hommes!

Les formidables capacités intellectuelles, notamment la transmission des connaissances acquises, l’élaboration continue de concepts nouveaux ne suffisent pas à modifier les rapports entre les hommes, ces capacités mises au service du seul développement matériel, ne distingue encore pas l’humanité du monde animal quant à ses rapports internes. La psychologie de la domination semble encore indépassable et constitue l’obstacle aux coopérations à égalité de niveau, le refuge en dernier recours serait l’indépendance individuelle, en survivance. Est ce à dire que vouloir contrarier la nature est peine perdue ou que sa modification n’est encore qu’esquissée?

 

 

 

La psychologie humaine : tendances naturelles.

Chacun a pu observer les comportements de nos tout petits, défendre son bien semble inné, on ne prête son jouet qu’après négociation, subtiliser le patrimoine d’un congénère est une victoire, on arrache facilement l’objet préféré d’un petit copain. Nos petits se ressemblent bien, à ce stade, il est bien difficile de dire qui aura une tendance à la domination et qui se soumettra facilement et c’est probablement dans les actes d’éducation qu’il faut chercher la divergence des voies. Autant l’apprentissage du partage est la première tendance éducative, l’invitation à ne pas se laisser faire ne tarde pas, jusqu’aux bagarres dont les conséquences rapprochent à nouveau de la solidarité et d’un partage qui dépendra maintenant des rapports de force établis.

Les tendances naturelles ont été réfrénées par les apports philosophiques, l’édiction de règles et quelques fonctions régaliennes, pour qu’au cours de l’histoire les sociétés humaines puissent perdurer.

La coexistence du salarié et de l’employeur est issue de cette alchimie et son fonctionnement fait l’objet d’une codification sophistiquée établie au fil du temps lors de conflits ou par les apports philosophiques.

Bien sûr, l’un et l’autre sont « nés libres et égaux en dignité et en droits », mais d’évidence, au-delà de la naissance les positions se différencient, d’évidence, la propriété confère un pouvoir de décision qui n’est partagé que par la nécessité de délégation dans un cadre qui relève seulement des tâches opérationnelles.

Nous avons donc fondamentalement une position dominatrice et une position de soumission liées à la propriété, mais ces rapports ne sont pas exclusifs de la propriété la hiérarchie étant aussi l’apanage de la fonction publique… et de la famille.

La propriété conserve cependant un rôle directeur pour l’ensemble de la société, même si l’espace public échappe par la démocratie élective au pouvoir absolu.

La position de propriétaire ne touche pas que la fonction productive et son pouvoir direct, la propriété de jouissance et sa visibilité permettent aussi l’emprise sur les décisions publiques et les consciences.

La question sera donc de comprendre en se cantonnant à la production, comment la société et la nature génèrent le dominant et le dominé et comment on peut échapper à l’alternative.

 

Les hommes et l’entreprise.

Dans le monde de la grande entreprise industrielle, on peut invoquer l’héritage, l’outil de production étant alors transmis en bloc avec de surcroît la transmission d’une pratique de la direction d’entreprise et une solide formation. Les choses sont alors verrouillées, chacun reste à sa place, c’est la reproduction des classes sociales, l’accès au capital constitué étant impossible aux salariés, au moins individuellement. Ce capital, c’est la tendance, n’est accessible qu’au monde de la finance, le capital peut changer de titulaire, les salariés faisant aussi partie du transfert, sans qu’ils soient considérés comme des acteurs potentiels. L’accumulation du capital, même si elle est placée sous le titre du propriétaire, reste une œuvre commune dont chacun dans l’entreprise se sent un peu contributeur, avec le sentiment fort d’appartenance à un groupe et la frustration d’en être écarté. Les salariés s’installent alors généralement par l’organisation syndicale, dans la tentative de modification du partage des richesses, seule façon de gérer collectivement leur soumission. Le système se perpétue parce que les candidats au salariat dans ces entreprises sont légion. Il peut y avoir bien sûr quelques fuites, essentiellement à l’intérieur du système, mais pas de risque pour les grandes entreprises d’une panne sévère de recrutement en raison de décisions massives de quitter la voie du salariat. C’est pourquoi, même si les revendications des salariés paraissent toujours exagérées pour les employeurs, avec le temps nombre d’entre elles sont honorées afin de rendre acceptable la condition de salarié.

Ainsi se gère la durabilité de la relation patron salarié dans la grande industrie.

Le tissu productif est aussi largement constitué de petites et moyennes entreprises voire de toutes petites, c’est le paysage de nos zones industrielles et artisanales où les signes de l’héritage de capital ancien sont peu visibles, la plupart de ces entreprises sont tenues par leur créateur, leur premier descendant ou un repreneur non familial. Il est aussi vrai que certaines de ces entreprises ont pu accéder à l’étage supérieur, on ne naît pas grande entreprise, on le devient, les constructeurs d’automobiles ont aussi commencé par un atelier.

L’intérêt de nos zones locales est d’offrir une visibilité de laboratoire sur la psychologie des créateurs et des salariés. Chacun connaît dans ces zones, quelques patrons petits et moyens, de quoi savoir qu’ils n’appartiennent  pas une branche séparée de notre espèce, ainsi donc comment devient-on patron et pourquoi ne le devient-on pas? Les petits patrons de zone sont le plus souvent issus de la zone, ou y viennent après avoir commencé dans leur garage, ils sont comme nous indiquent les enquêtes de l’INSEE, issus du bas de l’échelle et peu formés au sens du titrage de l’éducation nationale.

La catégorie des non salariés recouvre les employeurs (y compris en ayant formellement un statut de salarié) et les indépendants sans salariés, l’ensemble représente environ 10% de la population active employée. Cette proportion diminue régulièrement sauf dans la toute dernière période avec le statut de l’auto entrepreneur et en raison de la montée du chômage, ce fut aussi le cas au cours de la crise des années 1930. Il y a donc environ une personne sur dix qui a fait le choix de l’indépendance en étant employeur, potentiellement employeur ou délibérément sans salarié.

On emploie presque indifféremment le terme d’indépendant ou celui de non salarié, les intéressés préférant le premier et  les administrations le second. En effet, être à son compte relève d’une volonté d’indépendance,  de ne pas recevoir d’ordre d’une hiérarchie et par conséquent d’en acquérir le moyen, la propriété de l’outil de production. Le terme « non salarié » semble relever d’une anomalie tant le salariat est devenu la norme, le « non salarié » exprime la survivance d’un ordre ancien, tant la tendance des 150 dernières années a été à la salarisation des artisans, des agriculteurs et autres indépendants. Le tableau ci-dessous nous indique cette évolution (attention, l’échelle en abscisse n’est pas linéaire).

 

essai3

Perspectives sur l’histoire des professions indépendantes p.54

Source : Rapelli & Piatecki (2008). Thèse

Part des non-salariés dans la population active (%)

 

Ainsi en 1850, plus de la moitié de la population était à son compte, même s’il existait des dépendances, notamment par le métayage et la dette, 50% de la population prenait des décisions économiques y compris dans des contextes difficiles, voire de misère. Force est de constater que la réduction rapide de cette proportion est l’expression de la difficulté à exister face aux formes nouvelles de production qui apportaient par la technicité et la dimension, une productivité supérieure. Faute d’avoir trouvé les moyens individuels ou collectifs de résister, c’est la mort dans l’âme que le peuple des artisans et paysans a du se fondre en prolétariat en abandonnant ses prérogatives et cela pouvait parfois se faire dans le soulagement tant il devenait intenable de persévérer. En un siècle et demi, la proportion de la population impliquée dans la décision économique a régressé de 52 à 10% alors qu’il est communément admis que c’est durant cette période que la démocratie politique a progressé. Il ne s’agit pourtant pas de domaine étrangers, tant le pouvoir politique est constamment mobilisé à la gestion des questions économiques.

De nombreuses enquêtes indiquent, en 2013, que environ 40% des salariés souhaiteraient être à leur compte, un vœu, qui exaucé, nous ramènerait à la situation de 1850.

La revue CHALLENGES résume un sondage de Think (extraits) publié le 29-01-2013 en ligne.

« L’envie de devenir son propre patron ne faiblit pas. 3 Français sur 10 assurent vouloir se lancer dans l’aventure./

/L’enthousiasme de se mettre à son compte fait surtout son nid au sein de deux catégories d’actifs bien distinctes. Entre 18 et 34 ans, un jeune sur deux ressent l’envie de créer son entreprise. Ce haut niveau se retrouve également chez les cadres supérieurs qui seraient les plus enclins à tenter l’expérience./

/En revanche, une écrasante majorité avoue d’ailleurs n’avoir aucunement envie de courir le risque de créer une entreprise. 60% des personnes interrogées indiquent en effet qu’elles ne se lanceront « certainement pas » (40%) ou « probablement pas » (20%) dans l’aventure./

/Finalement, les seules certitudes qu’il leur reste au moment de se jeter dans l’aventure est leur désir d’indépendance (45%), d’épanouissement (39%) ou encore d’enrichissement personnel (32%) »

[Le sondage a été mené auprès de 1.000 français par l’Institut Think pour l’APCE et CERFRANCE à l’occasion du 20ème Salon des Entrepreneurs de Paris. Il est constitué d’un échantillon représentatif de la population française. L’enquête a été réalisée via un questionnaire internet en décembre 2012.]

Il y a loin de la coupe aux lèvres, d’autant que parmi ceux qui ont essayé, il y a de nombreux retours à la case départ avec des séquelles financières et morales, ces échecs irriguent la sphère des candidats à l’indépendance, notamment par les inquiétudes et pressions familiales autour du revenu et de la notoriété. L’enthousiasme de la tranche des 18/34 ans s’érode en passant aux tranches suivantes et pas essentiellement en ayant accédé à l’indépendance ni même en ayant seulement essayé, mais parce que les positionnements sur les marchés sont saturés et que l’accès au capital est jugé trop difficile et risqué en raison des garanties exigées sur le patrimoine propre. C’est aussi par lassitude que la soumission l’emporte sur l’enthousiasme.

Il ressort cependant que la possession de son outil de travail est perçue comme un sésame pour l’accès au bonheur, par l’émancipation des tutelles du capital des autres. Le choix principal est celui de l’indépendance, non de devenir à son tour employeur, il n’est donc pas un choix de domination, ce sont le plus souvent les contraintes du marché et la recherche d’économies d’échelle qui y conduisent, une fois l’entreprise lancée.

La recherche de l’indépendance, le passage à l’acte d’émancipation est d’autant plus fort que la pression hiérarchique au travail est forte et que l’incertitude pour l’emploi est élevée. Ce sont en effet les catégories les moins rémunérées qui sont les plus exposées aux brimades et à la perte d’emploi qui prennent le risque d’entreprendre, alors qu’on pourrait y attendre au moins les mieux formés, aguerris professionnellement à la gestion.

L’INSEE nous livre deux tableaux révélateurs du désintérêt des plus formés et des encadrants pour l’entreprenariat sauf ceux pour qui c’est le passage obligé notamment dans les professions libérales.

 

Catégorie socioprofessionnelle des indépendants lors de leur premier emploi
Lecture : 55,9 % des indépendants ou dirigeants exerçant dans l’agriculture ont débuté comme agriculteurs exploitants. 65,9% des indépendants ou dirigeants exerçant dans l’industrie, construction… ont débuté comme employés ou ouvriers.
Champ : indépendants et dirigeants chefs de leur propre entreprise (hors aides familiaux).
Source : enquête Formation et qualification professionnelle 2003, Insee.
Groupes de secteurs Agriculteur exploitant Artisan, commerçant ou chef d’entreprise de10 salariés ou plus Cadre Profes-sion intermé-diaire Employé Ouvrier Total
Agriculture 55,9 0,7 1,5 4,1 9,2 28,7 100,0
Industrie, construction, transport de marchandises, commerce de gros 1,2 10,5 5,5 16,9 13,6 52,3 100,0
Commerce et services de proximité 1,3 11,1 1,4 10,2 40,9 35,1 100,0
Services où exercent les professions libérales et assimilées 0,6 2,1 37,0 35,9 14,5 9,9 100,0

 

Diplôme le plus élevé obtenu par les indépendants selon le groupe de secteurs
Lecture : 55,8 % des indépendants exerçant une profession libérale ou assimilée ont un diplôme supérieur à Bac+2.
Champ : indépendants et dirigeants chefs de leur propre entreprise (hors aides familiaux).
Source : enquête Emploi en continu 2004, Insee.
Groupes de secteurs Diplôme supérieur à Bac + 2 Bac + 2 Bac ou brevet professionnel CAP, BEP ou diplôme équivalent BEPC ou aucun diplôme Total
Agriculture 1,9 8,2 18,5 38,6 32,8 100,0
Industrie, construction, transport de marchandises, commerce de gros 9,7 6,9 11,4 46,1 25,9 100,0
Commerce et services de proximité 4,7 7,4 18,8 36,4 32,7 100,0
Services où exercent les professions libérales et assimilées 55,8 24,1 8,5 5,2 6,5 100,0

 

On peut en tirer de nombreux enseignements, il est paradoxal que la formation soit constamment pointée comme vecteur d’efficacité économique, alors que la direction d’une majorité d’entreprises est assurée par les moins formés et c’est le cas y compris de nombreuses grosses PME où il n’est pas rare de rencontrer un staff d’ingénieurs salariés entourant un patron titulaire d’un simple CAP. La lecture en creux révèle donc que les catégories les plus formées privilégient l’emploi stable et rémunérateur dans les entreprises ou la fonction publique plutôt que le risque, probablement parce que le besoin d’indépendance est moins ressenti, étant partiellement acquis par une position hiérarchique.

Inversement lorsque les formations écourtées se révèlent indépassables, les personnes engagées dans la vie active qui réalisent un peu tardivement les limites à leur envie de promotion n’ont plus que une issue, se mettre à leur compte. Ceci reste cependant le comportement minoritaire, on choisit majoritairement le salariat plutôt que les risques afférents à la création d’entreprise.

On ne peut pas confondre les envies exprimées dans le sondage cité plus haut avec le passage à l’acte parce que le temps façonne la psychologie des individus, après vingt années de pratique, un entrepreneur et un salarié ne se comportent plus de la même façon, les opinions sur le comportement du groupe auquel on n’appartient pas peuvent se heurter.

 

 

La corporation des entrepreneurs employeurs est à la fois honnie et vénérée. Honnie par sentiment de jalousie et en raison de quelques uns de ses excès, mais vénérée car pourvoyeuse d’emplois. La corporation ne manque pas de faire valoir l’éminence de son rôle dans la société et exige des égards, elle exprime la charge du cens au regard du peu d’engagement des simples salariés. La corporation fait valoir une influence liée à la propriété. Mais qu’adviendrait-il des entreprises telles que nous les connaissons si l’engouement à entreprendre était général? C’est-à-dire si la volonté d’indépendance était telle que chacun souhaite posséder son outil de production. Pour exister, l’entreprise a besoin de gens qui acceptent la soumission, il ne faut donc pas trop les brocarder et au contraire veiller à ce que les choses puissent se perpétuer, sauf à imaginer ou développer des formes différentes de propriété.

 

 

Vers la psychologie nouvelle.

 

Tous les secteurs ne se prêtent pas de la même manière au lancement d’une entreprise nouvelle en raison de l’existence d’une taille critique sur leur marché et  du capital technique nécessaire par unité de travail. On ne lance pas une usine automobile en décidant de se mettre à son compte, par contre il est relativement facile de lancer une activité de service seul et pratiquement sans capital. Il n’y a donc pas de place pour toutes les envies d’indépendance des jeunes salariés de la tranche des 18/34 ans. Et compte tenu des structures acquises par les entreprises et l’élimination par disparition ou concentration quand elles se situent sous le seuil critique, le taux actuel de 10% d’indépendants ne peut pas beaucoup évoluer par la seule volonté des candidats à l’indépendance. Autant le passage de 52% d’indépendants en 1850 à 10% aujourd’hui s’est fait avec l’histoire par élimination et concentration, le mouvement inverse par éclatement de gosses structures est impossible, même si on ne peut pas exclure des pertes de rentabilité dans la dimension excessive qui poussent à réduire la voile.

Le retour à l’indépendance ne pourrait se faire que dans le cadre des tailles acquises, donc inévitablement par l’acquisition du capital par des associés impliqués dans l’exploitation, ce qui ne peut se confondre avec l’actionnariat.

On connaît les réticences des salariés à la reprise de leur entreprise, saine, lors du départ à la retraite du propriétaire exploitant, ils préfèrent bien souvent l’appel à un repreneur extérieur, plutôt que l’engagement de l’un d’entre eux, de quelques uns ou de tous. Bien sûr, les salariés ont des âges et des qualifications différents, des situations familiales variées, des capacités financières très diverses et quelques mésententes, on peut donc facilement trouver pour chacun plusieurs raisons de ne pas y aller. Trouver un détenteur unique du capital évite alors de brasser tous les problèmes, quitte à risquer de travailler avec une indépendance encore réduite. Il existe cependant dans ces entreprises à reprendre, comme ailleurs, un pourcentage de gens ayant indiqué au sondeur leur aspiration à se mettre à leur compte !

On imagine encore moins un groupe de plusieurs centaines de personnes se constituant avec apports de capitaux et de compétences pour créer une entreprise nouvelle dans un secteur ou il existe une taille critique repérée. Pour une reprise, au-delà de quelques dizaines de salariés, le repreneur est le plus souvent extérieur.

Devenir propriétaire de son outil de travail reste culturellement une affaire essentiellement individuelle quelque soit l’ambition, entreprise comportant de nombreux salariés ou affaire personnelle sans salarié. C’est le fait de l’entrepreneur mais aussi des clients et des banques qui préfèrent l’interlocuteur unique. Du côté de la loi c’est aussi problématique, le droit n’est pas en avance sur l’état de la pensée globale, la législation n’est pas suffisamment étoffée pour border l’aventure entrepreneuriale non individuelle.

Malgré quelques efforts, la situation semble bloquée, au fur et à mesure qu’une taille critique se révèle dans un secteur, la proportion d’emplois indépendants se réduit et les velléités d’inversion de la courbe de 1850 à nos jours ne tiennent qu’à la tendance à la croissance de la part des services dans l’ensemble de l’activité.

Les sources (recensement de l’INSEE) indiquent une progression de leur population de 500 000 (1989) à 750 000 (2008), soit de 46 % en 10 ans. Cette population est très diverse, mais on y distingue une partie très identifiable : les professions libérales réglementées, qui sont passées de 350 000 à 450 000 entre 1999 et 2008 : soit +29 %.

La recherche de sources de profits pour les capitaux conduira aussi à des concentrations dans ces secteurs et donc aux seuils critiques. Les tendances annoncées avec le statut d’auto entrepreneur et quelques services nouveaux n’ont probablement pas le profil de l’histoire.

 

Acquérir son indépendance, en dehors du reliquat des possibilités individuelles, requerra un saut culturel qui touchera aux notions d’emploi, de carrière et de capital, en escomptant que la psychologie humaine n’en soit pas le barrage rédhibitoire par son manichéisme entre domination et soumission.

C’est un sentiment populaire profond qui traverse toute la société, il faut un seul chef par étage de pouvoir. Les institutions adhèrent à ce sentiment y compris dans la sphère démocratique. On élit un seul président de la république, un seul maire, les institutions démocratiques sont toutes cadrées par une voix prépondérante. Le fonctionnement des administrations, dont l’armée bien entendu, est aussi calqué sur celui de l’entreprise. Les associations y échappent parfois.

Le pouvoir, une fois établi, par la démocratie élective ou par la propriété, ne se partage que par délégation opérationnelle, par nécessité absolue ou par le fait culturel. Au niveau de l’entreprise les candidats à l’indépendance ne trouvent qu’un intérêt limité à prendre des risques en capital dans la mesure où les statuts de société confient les pouvoirs absolus aux gérants en dehors des assemblées générales et c’est aussi le cas pour celles qui ont opté pour les versions coopératives. La loi a conforté l’autorité des gérances, conformément au sentiment populaire, pour permettre l’efficacité décisionnelle et n’offre pas d’exutoire, au quotidien, à la frustration d’être propriétaire et simple exécutant. L’accession aux fonctions de gérance se fait par la prééminence en capital dans les sociétés classiques ce qui confère l’inamovibilité en général et par la compétence dans les versions coopératives, ce qui peut aussi conduire au pouvoir de longue durée.

La recherche de l’indépendance par la propriété du capital, hors le reliquat d’entreprises individuelles, ne peut s’accommoder de la délégation totale aux gérances et peut-être doit-on imaginer une moindre efficacité pour y parvenir, la démocratie elle-même exige de ces sacrifices le plus souvent bien utiles avec l’expérience à long terme. En effet la décision immédiate sans recours, au nom de l’efficacité n’est pas un gage absolu de réussite.

L’entreprise, dans sa forme classique, pourrait ainsi trouver plus d’adeptes parmi ses agents opérationnels, mais c’est surtout dans la forme coopérative que les choses peuvent évoluer parce que par principe l’ensemble des agents est concerné.

De fait, dans la forme coopérative même si l’individu est le constituant de base, l’apport différencié en capital introduit une hiérarchie de fait entre les membres, en effet la constitution du capital pour les nouveaux venus se faisant par prélèvement sur la fiche de paye, ne donne pas aux intéressés la juste mesure de la possession du capital et confine les entrants dans une position d’associé de second rang.

Les règles doivent évoluer, par le développement de la décision collective, la rotation des responsabilités de direction et l’apport en capital. Le ticket d’entrée doit être défini et apporté en numéraire par un emprunt personnel au besoin, à la manière d’un entrepreneur individuel, la notion de salaire doit être remplacée par celle de part de marge qui recèle la capacité à honorer l’apport en capital. L’associé se trouve alors dans la position d’un véritable entrepreneur individuel qui exige son droit à codiriger la société. On peut alors imaginer que pour répondre au besoin de mobilité des individus, l’offre d’emploi de l’entreprise se transforme. Conventionnellement, l’entreprise recherche une qualification et offre un salaire, dans le cadre de cette évolution elle rechercherait une personne qualifiée en mesure d’apporter le ticket d’entrée. La sortie s’opèrerait aussi avec le quota de capital selon les conditions que la législation devra préciser.

On ne peut établir par avance tout le dispositif légal permettant  de codifier les possibilités d’accéder à l’indépendance hors le champ de l’entreprise individuelle, des bases existent, un premier saut doit être effectuer par la puissance publique afin de permettre des expérimentations sur la base d’un volontariat qui puisse servir de référence.

Atteindre la maturité culturelle pour de nouvelles formes d’indépendance par la propriété ne peut se faire dans l’abstraction, l’expérimentation en est le passage obligé et l’éducation le premier vecteur.

 

J.P Beux 15 sept. 2013

 

 

 

 

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L’économie doit renforcer son caractère scientifique.

  • L’économie doit renforcer son caractère scientifique.

Il y aurait-il des domaines de la réflexion humaine qui échapperaient à la cohésion, à la rigueur et à la vérification, il y aurait-il un point de bascule de la zone blanche à la zone noire ?

Il y a bien sûr des monuments qui ont acquis au fil de l’histoire le label scientifique, l’astronomie en premier et la physique en général avec l’accompagnement de l’outil mathématique.

La physique est la mise en lumière des phénomènes naturels, la mise en évidence de comportements qui se reproduisent selon des lois, mais la physique c’est aussi le dépassement de l’état naturel. Il en va de même pour la chimie, la biologie et la médecine.

A certaines époques les thèses scientifiques ont été traitées comme des opinions.

Avant les lois aujourd’hui admises, une thèse en valait une autre, de nombreux chercheurs étaient dans l’erreur et ceux que nous considérons aujourd’hui comme des génies précurseurs ont pu connaître le bûcher, les uns et les autres ont contribué à l’édification des sciences toujours inachevée. Les sciences les plus « dures » font encore appel à des conjectures, des hypothèses qui restent proches de ce que sont les opinions.

Les mathématiques sont quant à elles pour une part issues de l’observation de la nature et pour une autre part le fruit de mises en œuvres logiques qui ne connaissent a priori aucune application physique … sauf un jour peut-être comme ce fut le cas pour Einstein qui ne sachant comment modéliser son intuition mit le doigt sur le modèle absolument abstrait de Riemann, avec le bonheur que l’on sait.

Le grand siècle scientifique que fut le 19ème a vu les scientifiques et les académies se contester durement notamment autour de la nature de la lumière avec des thèses qui aujourd’hui nous paraissent  simplistes. Mais c’est la science en marche avec ses errements.

La biologie et la médecine ont eu bien du mal à s’affirmer comme sciences, tant la prégnance religieuse imposait une vision populaire toute en termes de créations divines. La théorie de l’évolution de Darwin, quatre siècles plus tôt aurait conduit son auteur au bûcher ou au renoncement.

Ainsi la dureté d’une science ne tient pas qu’à elle-même et à ses chercheurs, la force de groupes de pression peut la faire régresser, un pourcentage non négligeable d’établissements d’enseignement aux Etats-Unis n’ont-ils pas retiré la théorie de l’évolution darwiniste de leurs programmes au profit des thèses créationnistes ? La biologie redevient alors une simple discipline où une opinion en vaut bien une autre et rien n’assure que dans cinq siècles le créationnisme ne l’aura pas emporté.

Le travail humain d’observation, de théorisation, d’expérimentation, de vérification a permis des avancées considérables dans tous les domaines, les acquis doivent être défendus et le travail poursuivi.

De ce travail comment distinguer ce qui serait scientifique de ce qui ne le serait pas, la science dure de la molle, la science vraie de la simple discipline, la vérité de l’opinion.

Il faut éviter le manichéisme qui peut conduire à déclasser le darwinisme au gré de la force des groupes de pressions.

Qu’il y ait plus de certitudes en mathématiques et en physique qu’en économie ou en ethnologie est bien évident, qu’on ne puisse résoudre les crises du moment comme une équation du second degré l’est tout autant.

Les sciences établies dans leur mission d’élucidation de l’ordonnancement de l’univers, sont aussi truffées de conjectures qui par définition ne sont pas vérifiées mais seulement non contestées ou non encore contestées, tout était parfait pour la gravitation newtonienne jusqu’à la relativité générale. Leur deuxième mission tout autant scientifique, de modification des éléments naturels est plus simple par définition aussi, parce qu’il s’agit de créations.

Essentiellement, les relations d’échange de production entre humains, qui font les systèmes économiques, sont des créations humaines seulement subordonnées aux conditions naturelles, tout comme les créations scientifiques. Il n’y a donc de conjectures que parce que le fil historique complexe n’est plus visible.

Il y a donc en économie  un travail de décryptage de la réalité historique et contemporaine qui ne peut être laissé à la seule appréciation du « café du commerce », la nature de ce travail est scientifique. Que ce travail soit perturbé par les choix sociétaux des chercheurs en économie est bien évident, la conclusion souhaitée peut influencer l’analyse des résultats. Mais les recherches des astronomes l’ont aussi été par la vision des églises au moyen âge.

Au centre de la chose économique, la valeur des biens et services a fait l’objet de bien des travaux et d’autant de polémiques pourtant, sous des angles différents, Adam Smith au 18ème siècle, David Ricardo et Karl Marx au 19ème et Jean Fourastié au 20ème ont établi que les biens et services valaient, au-delà du temps court, le poids du travail nécessaire à leur production. Toutes les comptabilités nationales et toutes les entreprises en ont adopté le principe au travers de la notion de valeur ajoutée. Et pourtant nous assistons depuis la fin du 19ème siècle à toutes sortes de remises en cause et aujourd’hui les thèses subjectivistes ont pris le dessus en ne retenant que les notions de rareté et d’utilité qui ont bien sûr leur influence mais qui sont insuffisantes pour expliquer la valeur. En effet quelque soit l’abondance ou l’utilité aucune entreprise ne peut durablement vendre en dessous du coût de ses facteurs de production, travail, consommations intermédiaires et amortissement des équipements ces deux derniers éléments étant eux-mêmes le fruit du travail d’autres entreprises. C’est vérifié par la sanction de la faillite.

Précisément, les économistes walrassiens, les tenants des seules utilité marginale et rareté, en ayant mathématisé à outrance leurs modèles ont tenté dans les années trente de se faire certifier « scientifique», leur travail n’est pas dénué de raison, mais exclure le travail de la formation de la valeur les prive d’un label qui n’est cependant pas une table biblique.

Ainsi un aspect fondamentalement scientifique concernant la valeur est aujourd’hui rendu inaudible comme la théorie darwiniste pourrait le devenir si les groupes de pression en avaient aussi la force.

Pour autant tout ce qui se dit en économie ne relève pas de la science, l’idéologie a sa responsabilité mais la complexité a aussi la sienne. Et ce n’est pas parce qu’il est impossible de réellement mathématiser l’utilité que le phénomène n’existe pas, les tentatives d’approche sont donc utiles, mais les conclusions forcément éloignées de la réalité.

Cependant de nombreuses questions économiques ont été traitées de manière scientifique, on ne discute plus le tableau des entrées-sorties de Quesnay et Leontieff, la valeur ajoutée comptable même si l’utilité des biens concernés est contestable est un apport de nature scientifique, la sommation des valeurs ajoutées en produit intérieur brut l’est aussi ainsi que nombre de corrections qui lui sont apportées. Bien d’autres thèmes sont traités avec la méthodologie scientifique et il faut rendre hommage aux travaux de l’INSEE et des laboratoires universitaires dont les résultats ne sont pas bien sûr complètement vérifiables. Le traitement de la hausse des prix se fait par enquêtes forcément partielles qui sont présumées représenter l’ensemble de l’économie, il est impensable de collecter tous les mouvements d’étiquettes dans les magasins bien entendu, mais l’approximation n’enlève rien au caractère scientifique de la mesure ou alors il faut aussi douter des vitesses réelles des photons dont seulement une infime partie a été mesurée!

Par contre de nombreuses questions n’étant pas encore traitées scientifiquement, notamment le fonctionnement de la banque, la notion de financement, c’est ce déficit qui fait place à une multitude d’élucubrations et au vacarme dont rien ne ressort.

L’économie souffre plutôt d’une insuffisance de traitement scientifique, qu’il ne faut effectivement pas confondre avec la mathématisation d’hypothèses erronées, prétendre que tout n’y est que question d’opinion laisse le champ totalement ouvert aux groupes de pression qui s’efforcent de créer l’opinion dominante.

Est-ce à dire que scientifiquement il n’y aurait qu’une solution à la problématique économique? La simple équation du second degré en ayant déjà généralement deux c’est donc avec la connaissance scientifique des choses établies que les choix sociétaux doivent s’opérer et il n’y a bien entendu pas que deux choix possibles.

C’est tout l’enjeu de l’appropriation par les citoyens de la chose économique au travers d’une multitude de lieux de réflexion.

 

Jean-Pierre Beux.

 

NOTE: ECONOMIE & VALEUR AJOUTEE

K3

 

Liam FAUCHARD / d’an 31 a viz Eost 2013.

 

                                               NOTE : ECONOMIE & VALEUR AJOUTEE

 

A/           La VA produite par une activité écnomique est comptablement égale à Produits d’Exploitation (Biens, marchandises, services) – Services Externes (les services que l’entreprise ne se rend pas à elle-même). In fine, l’accrétion des VA produite par les # 3 millions d’entreprises françaises donne le PIB (je fais court). La VA a quatre destinations : les frais de personnel (masse salariale + charges) ; les amortissements/investissements ; les impôts et taxes ; les actionnaires. Evidemment, le quatrième cas ne concerne que les sociétés de capitaux (Sarl, SA, SAS, SNC, etc.).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

B/           Dans une économie moderne, la VA de rang1 – la plus importante en volume et en valeur, et de loin – est produite par les entreprises privées et publiques. Sur cette VA de rang1, via les prélèvements sociaux et fiscaux, la communauté finance des activités d’enseignement, de santé, de culture……et les collectivités locales. Cet ensemble composite génère une VA de rang2. In fine, la VA de rang1 et la VA de rang2 permettront des activités complémentaires, souvent non-marchandes comme les associations… qui pourront générer une VA de rang3. Bien entendu, les taux ne sont pas les mêmes et c’est un peu plus enchevêtré que ma présentation.

Mais fondamentalement, sans VA de rang1 les deux autres n’existent quasiment pas.

 

C/           On peut faire un parallèle avec le Développement Durable, curieuse traduction française de Sustainable Development qui crée sans cesse des distorsions de compréhension entre les Français et le reste du Monde ! En effet, le texte de Rio (1992), en anglais, exprime ce que sont les « Pilars of Sustainable Development » :

1/ Production économique pour améliorer le bien-être des populations, notamment les moins bien loties.

2/ Que l’objectif1 soit au service de la cohésion sociale.

3/ En respectant l’environnement autant que faire se peut (en toutes lettres dans le texte fondateur).

4/ Culture et Gouvernance (On n’agit pas et on ne manage pas de la même manière à Buenos-Aires et à Saint-Nicolas-du-Pélem.)

 

Or, sans l’objectif 1/ concrétisé, les autres ne sont que des illusions, même si à court terme il peut y avoir des artéfacts momentanés.

 

D/           Au tout début des années 2000, Daniel Cohen s’est posé – nous étions déjà pas mal à penser comme lui – la question de la pertinence du classement utilisé en économie pour sectoriser les activités humaines = Primaire / Secondaire / Tertiaire. Il a donc regardé les choses autrement et fait des statistiques tout au long du 20e siècle aux USA et en France et il a eu la surprise de constater une quasi stabilité de trois secteurs :

D1/ Production au sens large, c’est-à-dire toutes les fabrications industrielles et leurs activités connexes incontournables, notamment celles qui furent progressivement externalisées du secteur secondaire proprement dit. Résultat # 40% de la population occupée.

D2/ Commerce, négoce, banque, assurance… qu’il nomme « Intermédiation ». Résultat # 20% de la population occupée.

D3/ Tiers secteur, où se sont produites des mutations spectaculaires au 20e siècle : agriculture prépondérante en 1900, réduite en 2000 ; expansion des secteurs sociaux, culturels, d’enseignement, etc. Résultat # 40% de la population occupée.

 

NOTE : L’ECONOMIE EST-ELLE UNE SCIENCE ?

Assurément non.

Et il est très facile de le démontrer. Le mot science vient du mot latin scientia, lui-même rattaché au verbe scrire, savoir. La science est le fait de connaître les choses dans leur essence propre, avec leurs causes et leurs effets. [Quillet]

La définition par elle-même permet de distinguer ce qui relève du scientifique et ce qui n’en relève pas. Au 20e siècle, pour mettre de côté les charlatanismes, les chercheurs de Monde entier ont adopté les principes de Popper :

 

                Ne peut être reconnu comme scientifique qu’un fait (et pas une opinion) :

= Observé ou calculé avec des moyens incontestables et incontestés,

= Reproductible par des équipes de recherche agissant indépendamment les unes des autres, de préférence dans des lieux éloignés les uns des autres,

= Non encore réfuté mais réfutable, sinon ce serait un dogme.

 

Ainsi, en mathématiques, en physique, en chimie, en biochimie, en astrophysique… nous avons à notre disposition des « lois ». Elles sont appelées ainsi car, pour l’essentiel, immuables. En mécanique, l’effet Joule est là depuis la nuit des temps, il en est de même pour U=RI en électricité, de E=MC2 en physique, de Q=RI2t en physico-chimie, également pour la constante de Michaelis en biochimie, également pour les réactions chimiques qui, à partir des mêmes ingrédients et des mêmes conditions donnent toujours strictement les mêmes résultats, etc, etc.

Bien entendu, en sciences physiques, il arrive que des connaissances évoluent – c’est le but précis de la recherche – et permettent de prendre en considération une nouvelle théorie jusqu’à sa démonstration et son acceptation (cas de la théorie des codes et des super-cordes en physique), évidemment en respectant les principes de Popper.

Ce qui distingue fondamentalement une science d’une discipline c’est la quantité très dominante de constantes, ce qui, de fait, est loin d’être les cas de disciplines comme l’économie (et d’autres) dont les « lois » sont circonstancielles, instables, contingentes aux comportements humains prévisibles et imprévisibles.

 

Il en est ainsi de la fameuse « loi de l’offre et de la demande » qui, de fait, n’a jamais existé et n’existera sans doute jamais. Pour qu’elle existe et soit immuable – au moins sur une longue période – il faudrait que toutes les parties présentes à une transaction soient toutes également et parfaitement informées et qu’il n’y ait aucune position léonine ; on conviendra aisément que ce n’est jamais le cas. Il en va de même pour d’autres mécanismes dits économiques et qui relèvent plutôt de la psychosociologie. Voir les transactions financières qui devraient être traitées rationnellement – si des lois stables existaient – alors qu’elles sont influencées par les croyances, les rumeurs, les psychoses, les informations asymétriques, voire les délits d’initiés !

 

Enfin, tordons le cou au soi-disant « Prix Nobel » d’économie qui n’existe tout simplement pas. Il fut créé par des économistes en mal de reconnaissance. Il s’agit en réalité du « Prix d’économie de la Banque de Suède en mémoire d’Alfred Nobel », non-reconnu par le Comité Nobel, et encore moins reconnu par les descendants d’Alfred Nobel qui demandent sa suppression. Le prix a récompensé une bonne trentaine de théories économiques diverses… on est bien loin de la stabilité requise pour obtenir le label « science ».

 

Liam FAUCHARD / FutureScan / Juin 2012

 

economieLe Télégramme du 21 juin 2011

Café économique. Embarqué sur le Paul-Gauguin ce soir

 

Le Café économique de Pont-Aven tiendra séance ce soir, à 19h15, sur le bateau Paul-Gauguin, côté rive droite du port, sur le thème «Les politiques halieutiques ou… le poisson a-t-il encore la pêche?». C’est Armand Quentel, du Comité local des pêches de Concarneau,……

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Article Ouest France – lundi 30 mai 2011

Jean-Louis Laville, sociologue, chercheur au Lise et directeur scientifique de l’Exécutive Master Sociologie de l’association et action dirigeante de Sciences Po à Paris était invité au Café économique de Jeudi 26 mai au  Moulin du Grand Poulguin à Pont Aven.
Autour de son dernier ouvrage intitulé « Politique de l’Association », le sociologue a su retenir toute l’attention d’une quarantaine de personnes, en expliquant l’économie solidaire et sociale sous toutes ses coutures.

Les prochains débats proposés par le Café Economique de Pont-Aven auront pour titre : *La création monétaire ou visite du Moulin de la Galette à Pont-Aven; * La Bourse entre raison et déraison ou faut-il intégrer la bourse à la Française des jeux?  Les théories de la valeur ou combien ça vaut? ; La relation employeur-salarié ou je t’aime, moi non plus.

 

Télégramme – 30 Mai 2011

 

Café économique. Un débat animé par Jean-Louis Laville

Le 30 mai 2011

Le Café économique a connu un beau succès, jeudi, au Moulin du Poulguin, avec la conférence-débat de Jean-Louis Laville. Ce sociologue et économiste est professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM). Après avoir dirigé un laboratoire au CNRS, il poursuit ses recherches en sociologie économique au Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (Lise, CNRS-CNAM) et est coordinateur européen du Karl polanyi institute of political economy.

L’association, un rôle économique

Une quarantaine de personnes sont venues écouter le sociologue s’exprimer sur le rôle économique des associations.Un débat Jean-Louis Laville a d’ailleurs écrit plusieurs ouvrages sur l’économie, notamment «La politique de l’association», paru chez Seuil en 2010.

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Ouest France – 19 mai 2011

Économie sociale et solidaire au café économique – Pont-Aven

Scoop, coopératives, mutuelles, Amap, Sel…
L’économie sociale et solidaire : effet marketing ou véritable alternative politique et économique ?
C’est le sujet du café économique du jeudi 26 mai. Jean-Louis Laville, sociologue, chercheur au Lise et directeur scientifique de l’Executive Master sociologie de l’association et action dirigeante à Sciences po Paris, animera une conférence-débat autour de son dernier ouvrage intitulé : Politique de l’association

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Articles Ouest France -22 mars 2011

Conférence et projection pour les prochains cafés économiques

- Pont-Aven mardi 22 mars 2011
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À l’issue du 7 e café économique qui s’est déroulé jeudi au Moulin du Grand-Poulguin sur le thème du foncier, l’association communique sur la programmation à venir.
Le prochain débat n’aura pas lieu le jeudi 21 avril au Moulin du Grand-Poulguin comme prévu, mais le 19 avril au cinéma la Bobine à Quimperlé en partenariat avec Chlorofilm.

 

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Premier Café Economique à Pont-Aven

Un premier café économique jeudi à Pont-Aven

Le Jeudi 30 Septembre 2010

La bourse, le déficit, les retraites, le budget, le chômage, la crise… L’économie est aujourd’hui omniprésente dans l’actualité.
Vaste sujet pour lequel on n’a pas toujours les clefs.

Entretien

Jean-Pierre Beux et Jean-Marc Tanguy, font partie de la poignée de passionnés qui a créé le café économique.

Pourquoi un café économique ?

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